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Les Rifflart
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Les origines montoises des Rifflart : Entre chevalerie frontalière et patriciat urbain
L'ascension de Colin Rifflart, mentionné en 1494 comme « clerc lettré » à Mons, s'inscrit dans une époque de profondes mutations sociales au sein du Comté de Hainaut. L'abandon des pistes reposant sur une ascendance légendaire invite à explorer deux hypothèses documentaires sérieuses. Ces pistes lient le patronyme tant à la noblesse terrienne qu'aux institutions judiciaires et scabinales de la capitale hainuyère.

1. Mons au XVe siècle : Le cadre historique et institutionnel
 
Pour comprendre l'implantation de la famille Rifflart, il faut observer le Mons du XVe siècle. Sous la coupe des ducs de Bourgogne, la ville est un pôle économique, administratif et religieux majeur.
 
  • Le      milieu des clercs : Être qualifié de « clerc lettré » en 1494 implique      une formation solide, souvent liée aux écoles capitulaires de      Sainte-Waudru ou aux administrations juridiques. Ce statut place Colin au      cœur de la bourgeoisie d'affaires ou de la petite noblesse de robe.
  • Le      Bailliage et la Prévôté : Mons abrite le Souverain Bailliage de      Hainaut et la Prévôté, deux organes de pouvoir où s'entrecroisent la      noblesse d'épée et les officiers comtaux. Intégrer ces cercles nécessite      soit une fortune foncière, soit des alliances matrimoniales stratégiques.

  • La      Prévôté comme ancrage : La fonction de prévôt de Mons est une charge      publique de premier ordre, veillant à la police et à la justice basse de      la ville. La vente de la seigneurie de Hon a pu constituer le capital      financier indispensable pour acquérir ou entretenir cette charge comtale.
  • Lien      avec Colin (1494) : Ce Jehan Rifflart, actif au début du siècle,      pourrait être l'aïeul (bisaïeul ou trisaïeul) de Colin. Le statut de clerc      de Colin à la fin du siècle découlerait logiquement de cette reconversion      familiale dans les offices et l'administration urbaine, initiée deux      générations plus tôt par Jehan.

  • Homonymie      et parenté : « Colart » et « Colin » sont deux diminutifs médiévaux      très proches du prénom Nicolas. Cette proximité de prénom, de lieu (Mons)      et d'époque (fin du XVe siècle) suggère une parenté étroite. Colart et Colin      pourraient être frères, ou plus probablement, Colart pourrait être le père      ou l'oncle de Colin.
  • La      dualité Noble / Clerc : À cette époque, il est fréquent que l'aîné      d'une maison noble conserve les titres et siège au Bailliage (Colart),      tandis qu'un cadet ou un cousin est orienté vers la clergie,      l'administration ou le droit (Colin, le clerc lettré). Cette      complémentarité renforce la cohérence de cette piste.

   
2. Hypothèse A : La piste de Hon – Le renoncement à la terre (Début XVe siècle)
 
La première hypothèse repose sur un glissement géographique et social : le passage d'une seigneurie rurale à une charge urbaine prestigieuse.
 
Le profil de Jehan Rifflart de Hon
 
Au début du XVe siècle, Jehan Rifflart,  Fiéffé et Prévôtde Hon (localité frontalière située dans l'actuel Hainaut français, proche de Bavay), fait un choix radical. Il vend ses terres seigneuriales pour s'installer à Mons, où il est documenté comme prévôt.
    
3. Hypothèse B : La piste de Colart Rifflart – La noblesse du Bailliage (Fin XVe siècle)
 
La seconde hypothèse offre une proximité temporelle immédiate avec Colin et s'ancre directement dans la noblesse de robe ou d'épée de l'époque.
 
Le profil de Colart Rifflart
 
Contemporain direct de Colin, Colart Rifflart est explicitement qualifié de noble au sein des registres du chapitre du bailliage de Hainaut.
        
Critère de comparaison
        
Hypothèse A : Piste de Hon (Jehan) Prévôt de Hon, puis Prévôt de Mons. Début du XVe siècle (~1400-1430)        
Hypothèse B : Piste du Bailliage (Colart) Noble au Souverain Bailliage. Fin du XVe siècle (~1480-1500)

Conclusion de l'hypothèse
Les deux pistes ne sont pas mutuellement exclusives. Il est tout à fait envisageable que Jehan Rifflart de Hon soit le fondateur de la branche montoise au début du siècle. Sa fortune et son réseau auraient permis à ses descendants de se maintenir dans la haute société locale, menant à la fois à Colart Rifflart, siégeant comme noble au Bailliage, et à Colin Rifflart, mettant ses compétences de clerc au service des institutions de la ville en 1494.
            
     



« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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